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360° à l'ombre

Présentation


Présentation du spectacle


"360° à l'ombre", déambulation ludique et festive dans l’univers des images, leur place et leur fonction à travers le temps et les civilisations, où le public est amené à choisir lui-même, physiquement, son point de vue, invité à une réflexion sur sa propre liberté de spectateur par rapport aux images. Un voyage pour grands espaces, des grottes de Lascaux aux Indiens Navajos, d’Hitchcock aux Frères Lumière. Sur ce vaste tableau où est suspendu un immense drap blanc, les six comédiens dessinent, filment, écrivent, chantent et déploient les rêves mystiques des origines.

Ce peuple ne pouvait qu’être nomade car pour lui, l’existence est une image, un chant et un mouvement. *1 360° à l’ombre, c’est une histoire de temps. Il ne s’agit certes pas, comme le titre pourrait le laisser supposer, du temps qu’il fait, mais bien du temps qui passe. Mais, ce n’est pas à proprement parler le sujet du spectacle. A dire vrai, il s’agirait plutôt d’une histoire d’images. Jugez plutôt ! Le spectateur sera tour à tour invité à visiter la grotte de Lascaux et le plateau de tournage de “Psychose”, d’Alfred Hitchcock, avant d’assister à l’élaboration d’une image de sable au beau milieu du désert navajo. Convié ensuite aux expériences de Muybridge tentant à la fin du XIXème Siècle de restituer en images le mouvement de la vie à l’aide de son fusil photographique, il assistera enfin à la confection d’un tableau rituel aborigène. Mais, chacune de ces images, choisie certes pour l’impact visuel que sa traduction scénique permet, nous parle aussi du temps qu’elle porte en elle, qu’elle égrène, chacune à sa façon. C’est le temps pétrifié d’une photographie ; le temps reconstitué et à chaque fois réorganisé de l’image mouvante, courante du cinéma ; le temps aboli par les peintres de Lascaux ; le temps du rêve, mémoire inlassablement revivifiée par les initiés du désert australien ; c’est aussi, à travers les sables colorés des navajos le temps des origines qui lentement s’écoule des doigts du guérisseur. Assujetties ici au temps et à l’espace scéniques, réduites à l’humble condition de la représentation éphémère, ces images nous livrent les mystères de leur rythme intérieur.

Toutes les images sont des miroirs *2

360° à l’ombre est une histoire d’images, d’empreintes et de traces qui nous parlerait de notre double ; de l’ombre du peintre paléolithique, double obscur qui se profile aux aspérités de Lascaux et lui inspire ses plus profondes visions ; du double pervers d’Anthony Perkins qui assassine ses victimes sous les traits d’une vieille femme ; c’est la part malade du patient navajo, projetée, absorbée puis dissoute dans les sables de l’image emportée par le vent ; c’est l’image de soi de l’autoportrait photographique qui sans cesse nous interroge sur notre identité ; c’est cette présence invisible, mais si tangible, des ancêtres du temps du rêve, inscrite partout dans le paysage que tracent les initiés d’Australie sur leurs toiles d’Eucalyptus.

360° à l’ombre nous parle d’un certain langage. Le langage de nos images. C’est une sorte de traduction simultanée, en langage théâtral, d’images qui n’étaient pas destinées à la scène. Et pour mieux les éprouver, nous les livrons d’abord à la rue et aux espaces publics, mais aussi aux espaces insolites couverts ou non, car ces nouvelles images, nous les fabriquons progressivement en présence d’un public invité à déambuler pendant la représentation autour d’une scène ouverte, sans artifices, sans rideau ni coulisses, à 360° ; un public qui assiste à la fois aux étapes de l’élaboration de ces images et à leur production finale. En effet, en dehors des images projetées, en ombre, en peinture ou en vidéo sur leurs écrans respectifs, le spectateur devra se composer lui-même son image des 5 comédiens, montreurs, musiciens, des caméras de prise directe, des figures d’ombres, des sables colorés, et des bombes et des pots de peinture fraîche qui occuperont la scène. En tous les cas, si le résultat final de chaque séquence, sur les écrans, évoque assez précisément et fidèlement l’image originale (pour certaines d’entre elles bien ancrées dans la mémoire collective), le processus d’élaboration que nous suivons relève de parti pris et d’hypothèses très personnelles qui n’engagent que leurs auteurs.

Le monde n’existe que s’il est peint , psalmodié et arpenté *3

360° à l’ombre, c’est aussi une fête ; un hommage alerte et dynamique à des mondes d’images peuplés de sons. Car tout ce qui a été dit plus haut à propos des images vaut bien entendu pour la musique. Que serait la scène de la douche de “Psychose” sans la musique qui lui colle à la pellicule ; que seraient les fresques de Lascaux sans le silence tonitruant du galop des taureaux et des chevaux se répercutant à travers les voûtes des cathédrales souterraines. Et si en pays navajo, il n’est pas un grain de sable coloré qui ne prenne sa place sur le sol du désert sans que monte le chant du guérisseur, les aborigènes ne conçoivent le monde que s’il est peint, arpenté mais aussi psalmodié. Aussi, c’est une scène-instrument de percussion (pas d’instrument identifiable en tant que tel, mais un réseau de micros H-F, de cellules, de capteurs de sons, distribués sur les corps, les écrans, le plancher, la structure scénique...) qu’arpentera le musicien relayé par 4 comédiens chanteurs, crieurs, psalmodieurs, bruits de boucheurs, percuteurs, etc... . Mais, ce n’est pas d’accompagnement qu’il s’agit. A notre sens, c’est bien de la “musique des images” dont il faut rendre compte. Comme les sons ont une couleur, les gestes des comédiens-montreurs seront source de son aussi bien que d’images. Luc Amoros


*1 et *3 Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou dans “Peintres aborigènes d’Australie” - Indigène Édition.
*2 Maurino Bonfeur dans “Ma vie est une image” - Édition de l’illusion Ouvrage épuisé.

L'équipe


L'équipe


Texte et mise en scène : Luc Amoros
Création musique : Richard Harmelle
Plateau et fabrication des décors : Vincent Frossard, Frédéric Chomette
Lumières, vidéo : Martin Descourvières
Son : Jérôme Scheben
Jeu : Brigitte Gonzalez, Stéfane Marques, Kathleen Fortin, Eric Lutz, Emmanuel Rack ou Yuko Oshima
Administration : Mathieu Desanlis
Production-communication : Bruno de Beaufort

Presse


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Soixante minutes d’un étonnant voyage à travers le temps et le monde, jusqu’à l’origine de toute pratique artistique - peinture, chant, musique, écriture et cinéma y sont célébrés à leur source même, de désir, d’amour et d’humanité. Dans la grotte de Lascaux, sur le saisissant et très hitchcokien plateau de tournage de Psychose, ou dans le désert navajo : 360° à l’ombre dresse son écran monolithe dans une nuit intemporelle qui offre à son spectateur médusé l’expérience même de la création. Et la citation archaïque, le rituel ancien, s’y confond avec l’extrême technicité, la plus contemporaine : l’oeuvre naît en direct, dans la magie virtuose et chaque soir ressuscitée du son HF et du cinématographe. De la lumière donc, et de la couleur. Et de l’action. C’est magistral.

Antoine Wicker (extraits- Dernières Nouvelles d’Alsace)

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Production : Amoros et Augustin Le-Maillon Théâtre de Strasbourg
Co-production : Le Fourneau, Bretagne, L’Atelier 231, Le Festival d’Aurillac
Résidences : Le Fourneau (Brest) en janvier/février 2000, L’Atelier 231 (Sotteville-les-Rouen) en mai 2000
Partenariat avec : Théâtre Maxime Gorki, Scène Nationale de Petit-Quevilly, La Halle Verrière de Meisenthal
Création : Strasbourg le 7 mars 2000

La compagnie Amoros et Augustin est en convention avec le Ministère de la Culture-Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Alsace, subventionnée également par le Conseil Régional d’Alsace et le Conseil Général du Bas-Rhin et soutenue par la Ville de Strasbourg.