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L'éternel tournage

Présentation


Présentation du spectacle


« L’éternel tournage » ( 2007), ou le récit merveilleux, en chair, en os et carton- pâte, en artifices et en images, de la rencontre fabuleuse des illustres amants de Cornouailles, de leur vie de folie et d’amour et de leur mort qui s’ensuivit.

Comment ça marche ?
C’est un tournage en!«! extérieur nuit!» avec en prime, la projection simultanée de ses images enregistrées, montées en direct, sur la façade aveugle d’un immeuble de votre ville jouxtant le plateau. Autrement dit, les spectateurs assistent à la fois à la fabrication des images sur le plateau (le jeu des acteurs passant très vite d’un poste de prises de vue à un autre, la manipulation de décors mobiles et de marionnettes, celui de la musique de scène et de bruitage) à leur tournage (outre le cadreur, le preneur de son, l’éclairagiste, les comédiens se filment eux-mêmes) et à leur projection en grand format par l’entremise d’un monteur vidéo présent dans sa cabine. C’est donc à une manière de récit très particulière que sont conviés les spectateurs. Car, ne nous y trompons pas, il ne s’agit ni de captation directe d’une pièce de théâtre, ni de la simple reconstitution artisanale et parodique d’un film de cinéma ou de télévision.

Images éternelles…

Luc Amoros poursuit ici sa recherche. Recherche sur la tension qui peut se créer au moment de la rencontre d’un théâtre d’images, fabriquées en direct, avec des spectateurs pris, le temps d’une représentation, entre l’activité d’un tournage et la fascination qu’exerce sur eux le grand écran, sous les étoiles.
Après les esquisses et les références cinématographiques des précédents spectacles (et notamment «!360° à l’ombre!» avec la fameuse scène de la douche de «!Psychose!»), Luc Amoros tente aujourd’hui l’expérience sur la durée d’une représentation complète. Cette fois la tentative est menée au profit d’une réécriture (qu’il entreprend lui-même) du mythe de Tristan et Iseut. Le mariage entre la tragédie et la fabrication artisanale sous les yeux des spectateurs, d’un vrai film de cinéma.

…de Tristan et Iseut
Luc Amoros est depuis longtemps passionné par cette légende d’amour et de mort, pour ce qu’elle porte et révèle de l’histoire même de notre civilisation, mais aussi de ce qu’elle préfigure de notre rapport actuel aux images à travers le traitement des personnages et de leurs relations. Ces images et leur singulière faculté à dissimuler alors même qu’elles prétendent révéler, à se jouer de la présence et de l’absence, leur capacité à user des faux-semblants et à manier les double-sens. Luc Amoros a déjà adapté pour la scène couverte en 1998 pour la scène « couverte » le « Tristan et Iseut » de Michel Cazenave sous le titre « Le chant d’Essyllt ».
À ce jour, étonnamment, outre « L’éternel retour » de Jean Delannoy (1943), seules deux productions de cinéma semblent avoir traité de Tristan et Iseut!: un dessin animé pour enfants en 2001, et une superproduction hollywoodienne en 2006… Il s’agit bien ici d’un traitement inédit.

Images passées
Héritier du théâtre d’ombres, théâtre de projection archaïque d’images, Luc Amoros n’a jamais cessé d’explorer, à travers ses précédents spectacles, les rapports instantanés que peuvent entretenir sur scène, différentes formes d’images projetables. À partir de la simple évocation d’images virtuelles par des techniques d’illusion scénique bricolées, ou du jeu d’acteurs mêlés à des manipulations d’images créées en direct et à chaque fois dans une perspective différente, chacun de ses spectateurs pouvait reconstituer, pour soi, une image inédite, fruit d’insolites confrontations visuelles. Il y eut « Senor Z », très graphique et théâtrale évocation du cinéma muet, « Bounty », fragile animation de photogrammes peints et manipulés, puis « Le chant d’Essyllt », intime cohabitation, dans le coeur d’une toile peinte à vue, du corps de comédiennes, de leur projection simultanée et de figures de carton animées. Il y eut ensuite « M.Grant », déambulation ludique dans l’univers des images à travers le temps et les civilisations, puis encore « 360° à l’ombre », son pendant pour la rue et les grands espaces où le public était amené à choisir lui-même, physiquement, son point de vue, invité à une réflexion sur sa propre liberté de spectateur par rapport aux images. Il y eut plus récemment encore « l’oeil nu », petit précis sur la naissance des images à l’usage des jeunes générations, et puis encore « 360°1 », « La nuit où tu m’aimeras », « Les ombres acoustiques » et « Pluie de pianos ».

Videos



L'équipe


L'équipe


Mise en scène et dialogues : Luc Amoros
Musique : Richard Harmelle
Direction technique : Vincent Frossard
Décors, accessoires : Anne Royant, Linda Lemaire, Guilherme Mendonça
Costumes : Florence Bohnert
Story-board : Sylvain Dorange
Création vidéo : Martin Descourvières
Régie lumières : Emmanuel Coutin
Régie son : Emmanuel Haessig
Traductions : Manfred Walser, Christopher Reynolds, Béatrice Venet
Administration : Mathieu Desanlis
Production : Bruno de Beaufort
Avec Brigitte Gonzalez, Kathleen Fortin, Grégoire Strecker, Laurent Follot, Emmanuel Rack, Sylvie Brucker
Et un invité surprise dans le rôle du Roi Marc…

Tarifs


Tarifs des représentations
(mises à jour au 31/05/2010)


Prix de vente (hors TVA et droits d’auteurs)
Pour des représentations sur le même lieu :
1 représentation : 6 000 euros HT
2 représentations : 4 900 euros HT par représentation
3 représentations : 4 500 euros HT par représentation
4 représentations : 4 250 euros HT par représentation

10 représentations 3 500 euros HT par représentation

Repas et hébergement
La prise en charge peut être directe ou sous forme de défraiements.
Nombre de personnes : 13
Durée de prise en charge des repas et de l’hôtel : A compter du départ de Strasbourg jusqu’au retour.
Arrivée de l’équipe : 3 personnes la veille de la 1ère (ou l’avant-veille selon distance) et 10 personnes le jour de la 1ère (ou la veille selon distance).
Départ de l’équipe : le lendemain matin de la dernière représentation.

Transport et voyage
Route : 8 personnes. 1 véhicules + 2 camionnettes (ou 1 camion Pl) départ de Strasbourg (1,20 euro/km aller et retour Strasbourg + 120 euros/jour de location des véhicules).
Train : 5 personnes (depuis Strasbourg (3) et Paris (2)NB : L’organisateur prend en charge le versement des droits d’auteur à la SACD (société française qui perçoit les droits des auteurs compositeurs pour les représentations en France ou à l’étranger).

Fiche technique


Fiche Technique

Vincent Frossard
10 rue du Hohwald, 67000 Strasbourg
06.08.64.36.50
Fax : 03.88.35.10.85
vincent@lucamoros.com

Transport :
Nous arrivons avec deux véhicules utilitaires 20 m3 (ou 1 seul camion 10T) qui resteront sur le lieu de la représentation (ils serviront pour le stockage du matériel et pour abriter la régie vidéo et lumière).

Espace scénique :
15 m sur 20 m sur terrain plat.
Le lieu de représentation doit se trouver au pied d’une façade (sans fenêtres et la plus claire possible) d’immeuble ou de bâtiment susceptible de recevoir une projection vidéo de 8 m de large sur 4,5m de haut, à 3 m du sol.
Pour la qualité de la projection vidéo, il est nécessaire d’éteindre tous les éclairages publics ainsi que les enseignes lumineuses autour de l’espace de jeu le soir de la représentation ainsi que la veille pendant les réglages lumière.
L’environnement de l’espace de jeu est très important. Une description précise des contraintes sonores, lumineuses et d’espace peut se faire par l’envoi de photos, petit film vidéo ou plan détaillé. En l’absence d’éléments suffisants à l’acceptation du lieu pressenti, nous vous demanderons de prendre en charge le déplacement de notre régisseur en amont pour un repérage.

Espace public :
Le public est disposé en bi-frontal, presque perpendiculairement à la façade, de chaque côté de notre espace de jeu (environ 200 à 250 personnes de chaque côté). Il est très important pour la bonne vision du spectacle d’asseoir les spectateurs à différentes hauteurs, par exemple gradins classiques ou nomades, transats et chaises… Les premiers rangs peuvent être installés assis par terre.

Structure à nous fournir :
4 pieds de 4,20 m de hauteur (avec adaptateur pour structure de 300).
Lest (4 bordures de trottoirs de 80 kg).
3 praticables h = 1,00 m.
1 tente 6 m x 4 m (s’il n’y a pas de lieu couvert proche de l’espace de jeu pour stocker les éléments fragiles du décor pendant la journée et la nuit).
2 tables.

Puissance électrique à nous fournir, triphasé 380 v:
63 A pour la lumière.
16 A pour le son.

Lumière à fournir :
1 prise P17 63A
5 prises 16 A
8 PC 1 Kw (crochets, élingues, PF).
1 Multi 6x16 A 10m.
1 Multi 8x16 A 15m.
Prolongateurs :
5 x 1 m 10 x 10 m
5 x 2 m 7 x 20 m
5 x 5 m 7 x 25 m
15 doublettes.

Son à fournir :
1 micro SM 58 ou équivalent.
1 couple de micro cardioïde – SM 81
3 grands pieds de micro.
1 console : 8 entrées mic - EQ semi-paramétrique par tranche - 48 v commutable par tranche - 4 AUX PRE
1 EQ 2 canaux 1/3 octave.
1 compresseur.
1 réverb.
4 enceintes identiques sur pieds + subs.

Voir la fiche technique en téléchargement et nous consulter de toute manière en fonction du lieu.


 

Presse


Presse


Le Figaro, samedi 25 août 2007
Scènes de la vie courante dans les rues d'Aurillac

(…)Fracas de trompette
Ainsi va le Festival d'Aurillac, le plus important du genre en la matière, entre grosses colères et petites séductions, oscillant entre le fracas de la trompette des amuseurs de passage, qui font sursauter les festivaliers, et les artifices des artistes qui les attirent la nuit tombée grâce des images projetées sur un mur. Car pour certains artistes, ce théâtre permet encore des exercices de style que seule la rue est capable d'offrir. À l'instar de la compagnie Amoros et Augustin, qui revisite le mythe de Tristan et Yseult.
Sagement assis sur des gradins, les spectateurs assistent au tournage d’un film consacré aux deux amants : une production à petit budget, un décor en carton-pâte, des acteurs qui multiplient les rôles. Les scènes se jouent sous leurs yeux et alimentent au fur et à mesure le film en noir et blanc qui est projeté sur le mur d'un immeuble. Le spectateur, embarqué et vite conquis, ne sait plus où donner de la tête. Les esthétiques se bousculent, celle du film muet et du soap opera. La belle légende doit se confronter au monde de l'artifice et du trucage. Le professionnalisme s'accommode du système D. Et lorsque la pluie commence à tomber, on sort les petits parapluies pour protéger les caméras. Du vrai théâtre de rue en somme.

Françoise DARGENT



Télérama n° 2996, 16 Juin 2007
L’Eternel Tournage
Par la Cie Amoros & Augustin
Un « Tristan et Iseut » trafiqué et truculent

Luc Amoros, metteur en scène alsacien, ne cessera-t-il donc jamais de pousser Tristan, ce grand dadais, dans les bras d’Iseut, la femme de pouvoirs ? Il y a quelques années, il peignait leur passion amoureuse sur une bâche, avec une caméra et quelques pots de peinture (Le Chant d’Essyllt). Aujourd’hui, il jette en plein air cinq comédiens et trois techniciens dans une bataille où chacun semble tenir tous les rôles. Iseut, en changeant de chapeau, incarne un baron félon. Brangaene, la suivante, sera successivement Frocin le nain et Iseut aux blanches lèvres, la rivale. Aux menteries du récit (le philtre, l’échange de fiancée dans le lit de noces) répond une débauche de trucages. Les épées sont en bois, le dragon ne mesure pas plus de 40 centimètres, Frocin le nain (étonnante Brigitte Gonzalez) semble de tous les plans, avec sa perruque rose bonbon… Pendant ce temps-là, sur une façade voisine, en noir et blanc, les scènes filmées et trafiquées en temps réel puisent des reflets expressionnistes du côté d’Eisen_stein. On prend plaisir à ce joyeux bazar. Mais il ne faut avoir peur ni du fouillis ni du carton-pâte.
Mathieu Braunstein

Les 22 et 23 juin à Nogent-le-Rotrou, dans le cadre du festival Excentrique (www.excentrique.org) ; les 6 et 7 juillet à Alès (Cratère Surface) ; du 19 au 22 juillet à Chalon-sur-Saône ; du 22 au 25 août à Aurillac ; le 4 octobre à Sotteville-les-Rouen ; le 27 octobre à Châlons-en-Champagne.



Dernières Nouvelles d’Alsace, 31 mai 2007
Tristan et Iseut… comme au cinéma

Lors du festival « Demandez-nous la lune », samedi à Meisenthal, la Compagnie Amoros et Augustin a présenté son dernier grand spectacle, une adaptation inédite et pour le moins originale de Tristan et Iseut. Une première représentation unanimement saluée par quelque 500 spectateurs.

Samedi soir à la halle Verrière de Meisenthal, le public, installé de part et d’autre de l’aire scénique, était convié à la première de « L’éternel tournage », dernière création de la compagnie Amoros & Augustin. Le collectif strasbourgeois a décidé d’adapter un grand classique de la littérature médiévale. Mais c’est une toute autre version de Tristan et Iseut qui se joue sur scène. Si la trame du récit et les personnages sont fidèlement représentés, le public assiste avant tout au tournage de la pièce. En direct.
Pendant près d’une heure et demie, onze comédiens, musiciens et techniciens se mobilisent pour faire revivre les amants de Cornouailles, sur grand écran et en noir et blanc. Le jeu des comédiens croise la valse des machinistes et cadreurs, les décors se font et se défont, discrètement grâce à la maîtrise de la lumière. L’effet est garanti, la performance réelle. La musique aussi se joue en live, le feulement du sax basse rendant l’atmosphère encore plus dramatique.(…) Et « L’éternel tournage » utilise toutes les ficelles du spectacle : musique, vidéo, effets spéciaux, marionnettes et jeu théâtral. Le tout réglé comme du papier à musique. Une formidable performance technique et artistique.

V.W.



"Culture pour tous", Revue des mondes parallèles, à paraître juillet 2007
Plein les mirettes !

Samedi 26 mai à la Halle verrière de Meisenthal, première de "L'éternel tournage" de la compagnie Amoros-Augustin.
Si la compagnie a déjà exploré le mythe de Tristan et Yseut dans "Le Chant d'Essylte", il s'agit cette fois d'en montrer le tournage. Au centre le plateau, avec décors, caméras, projecteurs, des deux côtés le public, au fond un écran géant.
Comédiens et techniciens se mêlent, se filment dans une sarabande réglée au millimètre. Sur l'écran un étonnant noir et blanc trembloté fait contraste avec les costumes très colorés. On pense à Dreyer, à Murnau. Le jeu outré des comédiens accentue cet effet expressionniste. "L'éternel tournage" est un formidable hommage à ce cinéma des premiers âges où un peu de carton et des bouts de ficelle pouvaient faire vivre des romans épiques.
Au début on se surprend à passer de l'écran au spectacle en direct pour comprendre les "effets spéciaux" puis peu à peu l'histoire reprend le dessus. Les comédiens changent de rôle, participent au tournage sans temps mort. Musique et bruitages sont également faits en direct et participent à l'animation du plateau.
Le cinéma, c'est le domaine de la préparation minutieuse, des mises en place interminables. L'art scénique c'est le monde de la spontanéité, de l'énergie. "L'éternel tournage" arrive étonnamment à marier les deux dans un art nouveau (le cinéthéâtre ?) mêlant théâtre, vidéo, manipulation de façon saisissante (ah ! ce fabuleux dragon, cette nef traversant les mers).
Si on salue la performance artistique de toute l'équipe, on se laisse surtout envahir par les magnifiques images du spectacle. A recommander à tous, petits et grands, qui aiment qu'on leur raconte de belles histoires.

Rolles (la chanson de Roland)



Chalon-dans-la-rue, le journal, vendredi 20 juillet 2007
Classique revisité et ciné in situ
Théâtre d’images en carton-pâte
Tout public

Des comédiens en costume d’hier et d’aujourd’hui, des projecteurs, des preneurs de sons, le décor en papier mâché est planté, le film peut commencer. C’est l’histoire de Tristan et Yseult, légende d’amour et de mort revisitée par Luc Amoros. Le classique littéraire et la technologie moderne se mêlent intimement au son de la clarinette basse. Les images jouent avec les faux semblants, le double, le miroir, à la manière de l’histoire tragique de Tristan et Yseult. Sous les flambeaux de la scène, le spectateur devient « actif dans le regard », jamais il ne s’ennuie. Le film est projeté en direct sur un mur blanc tandis que le décor, les trucages, les prouesses techniques ne cessent d’évoluer devant ses yeux. Epée en bois, dragon en peluche, marionnette de chiffon en passant par la caméra deviennent réels et vous transportent dans un monde noir et blanc à la Monthy Python. Luc Amoros a réussi une prouesse technique et inauguré un théâtre de rue d’un nouveau genre. (…)Ce directeur artistique avait déjà fait ses preuves dans son dernier spectacle, « 360° à l’ombre », notamment avec la fameuse scène de la douche de « Psychose ». Les spectateurs étrangers du festival ne sont pas oubliés, le spectacle sera retransmis en version originale française sous-titré allemand samedi 21 , sous-titré anglais dimanche 22 à 22h15. So, let’s go !

Noémie



Article paru sur le réseau « rue »

De : pierre.prevost@acidu.com
Objet : [rue] Dans la série: peut-on critiquer les spectacles de nos petits camarades ?
Date : 5 septembre 2007 23:50:57 HAEC
À : rue@lefourneau.net

Séparer le fond de la forme est parfois un procédé pratique pour analyser un spectacle. Parfois c'est aussi totalement absurde, forme et fond étant si dépendants l'un de l'autre que tenter de les séparer ne peut que mener à l'erreur. La forme et le fond d'une bouteille nous intéressent beaucoup moins que son contenu c'est bien connu. En ce qui concerne "l'Eternel Tournage" de Amoros et Augustin, on ne peut cependant absolument pas y échapper. On a même plutôt intérêt à les séparer tant la forme aurait tendance à phagocyter le fond. Il faut dire que la forme est impressionnante de précision et d'inventivité. Il s'agit du tournage en direct d'un film incluant tant le montage que les effets spéciaux avec la projection simultanée du résultat en tant que film fini. Deux gradins se font face entourant un plateau de tournage où reposent sagement quelques éléments de décor et accessoires. Sans qu'on puisse vraiment distinguer les uns des autres comme on on distinguera difficilement les acteurs des techniciens tant les uns partagent à l'envie les tâches des autres. Projeté en grand écran et en noir et blanc, le film a du grain et les voix sont très légèrement décalées. Pendant tout le spectacle je penserai au 7ème Sceau de Bergman, forme et fond, pour une fois unis, m'y ramenant sempiternellement.
Au départ on regarde beaucoup le plateau et peu à peu c'est l'écran qui prend tout: on regarde le résultat en jettant un vague oeil sur le plateau pour profiter des procédés qui engendrent ces images. Personnellement, j'ai dû passer un tiers du spectacle à regarder le plateau et le reste l'écran. C'est beau. C'est bien fait. Le jeu est fabuleusement concentré.
L'histoire est celle de Tristan et d'Yseult la Blonde, interprétée par une actrice tout en lyrisme qui me faisait irrésistiblement penser à Orane Demazis, encore une référence. On pourrait penser que l'histoire n'est qu'un prétexte à combats, monstres, décors magnifiant la démarche. Ce serait une erreur parce qu'il y a bien une interprétation de cette histoire dans la façon dont elle est écrite, racontée, illuminée. Le couple éponyme y prend une dimension très singulière à l'aune du regard contemporain. L'amour, la mort, les contraintes qui les entourent et leur rebellion aussi enflammée que maladroite m'ont questionné, perturbé, et j'ai encore en tête cette très légère inquiétude que provoquent les idées qui ne tournent pas rond et ne rentrent pas sagement dans les cases du cliché.
Cependant, en me levant à la fin du spectacle, je n'avais en tête que les autres directions qu'aurait pu prendre ce travail, dans le sens du polar, du loufoque, du western...
L'arbre du tournage m'avait caché la forêt du film.
C'est le très léger handicap d'Amoros que de s'être fait un renom sur des prouesses techniques et des prestations plastiques auxquelles on ne demandait pas un récit. Parce qu'ici, il y a bien un récit, une fiction, une histoire et qu'il serait dommage de passer à côté.
Mais m'auraient-ils satisfait ou touché s'il n'y avaient eu ces conditions très spéciales de mise en spectacle ?
Par la suite, on m'a parlé d'un autre spectacle reposant sur le même principe avec une équipe et des moyens plus réduits, et une efficacité burlesque, m'a-t-on dit, supérieure. C'est comme comparer un cirque à un autre cirque, un chanteur à un autre
chanteur, Oposito à Royal, Annibal à ses éléphants. Pas foncièrement inique mais, la forme étant quasiment nouvelle et donc rare, les raccourcis en deviennent cinglants et parfois injustes.
L'"Eternel Tournage", titre assez incongru finalement au vu du résultat, et dont je soupçonne que le mot "éternel" fait plutôt allusion à l'intemporalité du mythe quand le tournage est, quant à lui, essentiellement ancré dans l'instant, l'"éternel tournage" donc, n'est pas burlesque et raconte quelque chose de précieux. Mais qu'on peut perdre facilement en cours de route. C'est la limite et la leçon de l'exercice.
C'était à Aurillac et c'était gratuit, à condition de venir une heure auparavant récupérer son billet.
Bisatous

Pierre

P.S. : Mon amie Chantal me fait remarquer que "L'éternel tournage" , fait très probablement référence à "L'éternel retour", film de Jean Delannoy (1943) avec Jean Marais et Madeleine Sologne, qui reprenait le mythe de Tristan et Yseult ..film lyrique ..et fort beau !
ça parait évident quand on y pense. Sauf que je l'ai loupé Donnerweter!!!

Pierre

Partenaires


Nos partenaires


Une production de la Compagnie Luc Amoros
Avec l'aide du Ministère de la culture-DMDTS, de la DRAC Alsace, de la Fondation Beaumarchais (SACD), de La Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon, du Conseil Régional d’Alsace, du Conseil Général du Bas-Rhin et de la Ville de Strasbourg.
Merci à Nicéphore Cité (Chalon S/S).
Accompagnement en production par le Parapluie d’Aurillac, l’Abattoir de Chalon s/Saône, le Fourneau de Brest, L’Atelier 231 de Sotteville-les-Rouen, Excentrique - festival de la région Centre, Le Cratère - Scène nationale d’Alès, et la Halle Verrière de Meisenthal.