Présentation du spectacle
Depuis longtemps déjà, nous désirions proposer à un public d’enfants et de familles un rendez-vous intime (sans gros moyens et déballage d’effets techniques). Comme une simple image oubliée, un peu écornée, qu’on exhumerait du fond d’une poche, et qui exhale soudain un violent parfum d ‘enfance. « L’œil nu » prend sa place dans le cycle des "images fugaces"après « 360° à l’ombre » en 2000. Une péripétie de plus dans une déambulation ludique et poétique à travers des mondes d'images qui ont suscité chez nous la tentation de les traduire dans notre toute personnelle langue de scène. Ainsi, depuis, avons-nous fait visiter, à travers le filtre déformant de nos propres visions, les fresques pariétales de Lascaux, les paysages de sable coloré navajos, quelques scènes mythiques du cinéma d'Hitchcock et bien d'autres encore. Là où dans « 360° à l'ombre », cinq comédiens, chanteurs, musiciens, peintres manipulaient leurs images et les confrontaient aux conditions de la représentation de rue,l'artiste dans « l’œil nu » engage seul et sans artifice un autre dialogue intime avec le public. En proposant à ses spectateurs d'assister simultanément à l'élaboration et à la production de ses images, c'est à une plongée dans le processus même de la création plastique au théâtre qu'il les invite, puisque, ce faisant, il tente de faire naître en eux de nouvelles images, personnelles et inédites. Ce sont ces dernières qui à nos yeux sont les plus aptes à faire de la représentation théâtrale un moment d'éternité.
Le mot de l'auteur
Je me suis toujours demandé pourquoi mon grand-père, Edmond Henri Meyer, retirait son œil de verre le soir, avant de se coucher. A quoi pensait-il en déposant ce globe de verre au fond d’un gobelet rempli d’une eau claire? Considérait-il que, dans l’incapacité de refléter, pendant le sommeil, l’image de quiconque, cet œil factice n’avait plus sa place sous ses paupières, ou bien craignait-il que cette bille transparente, incapable de retenir les images, si fugaces soient-elles, ne perturbât le cours de ses rêves ?
Luc Amoros
L'équipe
Textes et mise en scène : Luc Amoros
Avec : Luce Amoros-Augustin ou Kathleen Fortin ou...
Création technique : Vincent Frossard