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Page Blanche

« Le monde n’existe que s’il est peint et chanté » disent les initiés aborigènes d’Australie. Pour nous, la ville n’existe que si ses murs chantent et peignent son histoire. En images, débordant de couleurs et en musiques de fête. Ici et maintenant, à mains nues, à voix nues. Comme un contre-feu au débordement d’images stériles qui ne nous racontent plus le monde mais tentent de nous le vendre, images publicitaires qui ont squatté chaque interstice de la ville et le moindre espace disponible de nos rétines; de la plus étroite venelle de nos hameaux dont chaque fenêtre reflète une scintillante et familière lumière bleutée jusqu’aux façades gigantesques des gratte-ciels de Shangaï qui vomissent jour et nuit leurs images hypnotiques d’un monde vitrifié et parfaitement fini. Comme une proposition faite aux passants de se réapproprier leur espace en y inventant des histoires propres à le réenchanter, des histoires à élargir notre horizon. Couvrant un grand échafaudage adossé à une façade de la ville, comme une immense page blanche offerte, des toiles tendues se couvrent peu à peu d’images peintes ou gravées en direct, au vu et au su des passants rassemblés ; fresque collective ou bande dessinée déferlante, composée et mise en voix par une demi-douzaine de jeunes peintres-chanteurs d’Europe: une histoire, des histoires « PAGE BLANCHE » suggère au spectateur, par sa forme et son « mode opératoire », d’adopter , face au pouvoir des images, une posture critique. C’est une sorte de pause décalée, festive et ludique, au cœur de la ville, où le passant est invité à réfléchir, malgré lui ou consciemment, à la nature des images qui ont envahi notre quotidien au point de devenir un des vecteurs prépondérants de notre rapport au monde